BepiColombo : lancement d’une nouvelle sonde pour percer Mercure

BepiColombo

lancement d’une nouvelle sonde pour percer les secrets de Mercure

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, Arianespace injectera BepiColombo sur une orbite hyperbolique de libération pour un rendez-vous avec la planète Mercure qu’elle atteindra au terme de sept années de voyage dans l’espace. Cette sonde de l’ESA et la Jaxa est la première mission de ces deux agences à destination de Mercure. Il s’agit d’une mission interdisciplinaire qui vise à envoyer deux sondes spatiales solidaires vers Mercure, la plus petite planète de notre Système solaire et également la moins explorée.

Après le lancement réussi du satellite Aeolus d’étude des ventsArianespace s’apprête à lancer, dans la nuit de vendredi à samedi, la sonde BepiColombo à destination de Mercure. Si pour Aeolus, Arianespace avait utilisé le lanceur Vega pour l’injecter en orbite basse autour de la Terre, pour mettre BepiColombo sur la route de Mercure, Arianespace utilisera une Ariane 5 ECA, qui vient de réaliser son centième lancement.

Le lancement, prévu le samedi 20 octobre à exactement 3 h 45 min 28 s, heure de Paris, donc dans la nuit de vendredi à samedi, est à suivre en direct sur le site de l’ESA.

Cette sonde est une mission conjointe entre les agences spatiales européenne et japonaise. Elle a été construite par Airbus Defence & Space, à la tête d’un consortium de 83 entreprises issues de 16 pays, avec comme principal partenaire industriel Thales Alenia Space qui a notamment fourni les technologies clés relatives au contrôle thermique qui sont le véritable challenge de la mission.

En effet, il faut savoir que du fait de la proximité de Mercure au Soleil, quelque 58 millions de kilomètres, BepiColombo devra résister à des températures extrêmes. Elle sera exposée à des températures de l’ordre de 300 °C avec des expositions locales du réflecteur d’antenne à 400 °C alors que les instruments et l’électronique sont conçus pour fonctionner à des températures comprises entre 0 °C et 40 °C. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus en détail.

BepiColombo a comme particularité d’être composée de plusieurs modules (dont trois fournis par l’Europe) :

  • l’orbiteur MPO (Mercury Planetary Orbiter), avec ses 11 instruments dédiés à la cartographie globale et l’étude de la surface de Mercure, portant sur sa forme, sa structure interne, sa géologie, sa composition et ses cratères, et de son atmosphère
  • le bouclier solaire, pour protéger l’engin des quelque 350 °C au voisinage de Mercure ;
  • le module de transfert MTM (Mercury Transfert Module), destiné à amener les deux orbiteurs dans la région de Mercure. Il assurera l’alimentation électrique et la propulsion pour le voyage Terre-Mercure ;
  • l’orbiteur MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter), fourni par le Japon, est optimisé pour étudier l’environnement de Mercure. Il étudiera le champ magnétique de Mercure et les vestiges de son atmosphère grâce à ses cinq instruments.
  • Un voyage de sept ans avant de percer les secrets d’une planète étonnamment méconnue

    L’arrivée de BepiColombo autour de Mercure est prévue fin 2025, après un voyage de sept ans, date à laquelle BepiColombo, après avoir largué le MTM, sera soumis à l’attraction du champ gravitationnel de la planète. Débutera alors une mission scientifique d’une durée d’un an, avec une extension possible d’une année supplémentaire avec, comme principal objectif scientifique, la conduite d’une observation systématique et approfondie de la planète, incluant l’analyse de sa surface et de sa magnétosphère. L’objectif du lancement d’Ariane 5 (VA-245) est d’injecter BepiColombo sur une orbite hyperbolique de libération pour un rendez-vous avec la planète Mercure avec comme paramètres une vitesse à l’infini de 3.475 mètres par seconde et une déclinaison de – 3,8 degrés.

BepiColombo essayera également de mieux comprendre l’histoire de son champ magnétique et de son volcanisme ainsi que des dépôts de glace d’eau que l’on a découverts au fond de nombreux cratères. Caractéristique remarquable, elle sera la première sonde autour de cette planète à pouvoir pointer en permanence au nadir, c’est-à-dire verticalement, exactement sous elle.

Pour en savoir plus sur les difficultés techniques de la mission et le détail des objectifs scientifiques, nous vous invitons à relire l’interview de François Leblanc, planétologue au Latmos et responsable scientifique d’un des instruments, réalisée en juillet 2017.

  • Mercure est la planète tellurique la plus petite et la moins explorée de notre Système solaire.
  • L’arrivée de BepiColombo autour de Mercure est prévue fin 2025, après un voyage de sept ans et neuf manœuvres d’assistances gravitationnelles (une autour de la Terre, deux autour de Vénus et six autour de Mercure).
  • BepiColombo, ce n’est pas seulement l’étude de Mercure et un éclairage essentiel sur la formation du Système solaire. Par analogie, la sonde fournira également des informations sur l’évolution des planètes situées à proximité de leur étoile.