Universités : les étudiants étrangers devront payer plus cher

Universités : les étudiants étrangers devront payer plus cher

Edouard Philippe a annoncé, lundi, que les droits d’inscription des nouveaux étudiants extraeuropéens atteindront 2 800 euros en licence et 3 800 euros en master et en doctorat.

 

C’est un changement de paradigme majeur. Les étudiants étrangers (hors Union européenne), qui pouvaient jusqu’à présent venir faire leurs études en France au même tarif que les Français, vont dès la rentrée prochaine payer beaucoup plus cher.

Alors qu’une licence coûte aujourd’hui 170 euros par an, un master 243 euros et un doctorat 380 euros, ils paieront respectivement 2 770 euros pour la première et 3 770 euros pour les deux autres, ce qui représente environ un tiers du coût réel de ces formations.

L’annonce a été faite par le premier ministre, Edouard Philippe, lundi 19 novembre lors des Rencontres universitaires de la francophonie. Il y a dévoilé sa « stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux » sous la bannière Choose France(Choisissez la France). Avec un objectif ambitieux : attirer 500 000 étudiants internationaux à l’horizon 2027, quand le pays en compte actuellement 324 000.

Les syndicats étudiants s’y opposent

En parallèle, les programmes de bourses et d’exonérations au bénéfice « seront considérablement renforcés », précise ce document sans fournir de critères. Les étudiants de l’Union Européenne continueront quant à eux à payer les mêmes droits que les étudiants français, conformément aux règles européennes.

Les syndicats étudiants dénoncent déjà la mesure, jugée « inacceptable » par la FAGE ou encore l’UNEF. Cette dernière considère que cela reviendrait à augmenter les frais d’inscription en licence de 170 à 3.400 euros et « cela fermerait les portes de l’enseignement supérieur français », a-t-elle fait savoir aux Echos. La présidente de la Conférence des grandes écoles, elle, plaide dans Le Figaro pour pour « une augmentation raisonnée des droits d’inscription » car elle considère que « la quasi-gratuité du système français ne renvoie pas forcément une bonne image ».

Avec plus de 300.000 étudiants accueillis chaque année, la France continue d’être le quatrième pays d’accueil des étudiants étrangers, mais elle a vu son nombre baisser de 8,1% entre 2010 et 2015. Pour Matignon, la France « court un risque de décrochage », même si la tendance est repartie légèrement à la hausse ces dernières années.